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Aikido Kobayashi Bruxelles / Villes Japon /Articles 78

 

Aikido Bruxelles /Sennichimae

 

Sennichimae / Osaka

 

Dans un article précédent, l’auteur notait ceci « ….ensuite nous avons pris un taxi, qui a eu du mal à trouver la localisation de cette maison, malgré l’adresse écrite que nous lui présentions. Je ne veux pas insister sur la question du repérage dans l’espace de la ville japonaise par comparaison avec la ville occidentale, qui est une question trop connue…« . En effet c’est une question connue.

 

Il y a là une différence remarquable avec ce qui a prévalu depuis forts longtemps de notre côté, ou l’adresse revient à une nomination et dispose d’une véritable autonomie symbolique. On voit dans ce qui est expliqué ci-dessous que cette autonomie symbolique de l’adresse n’existe pas au Japon. Le pointage d’un lieu se fait toujours par référence à un autre lieu d’une plus grande valeur hiérarchique, référence devant, dans l’énoncé même, rendre compte des chicanes imaginaires du plan.aikido

 

 

Avant l’apparition des villes, les Japonais vivent entre les montagnes forestières (territoires sacrés où l’on imaginent que vivent les kami) et les lieux de travail (champs, rizières). A la suite des diverses missions d’étude envoyées en Chine dès le 6ème Siècle, les japonais  vont importer et copier, sans état d’âme, les aspects structuraux de la civilisation chinoise, en premier lieu la langue écrite (dont il ne dispose pas), mais aussi, des technologies diverses, les styles littéraires, les conceptions politiques…etc. Ils vont aussi construire dans les plaines côtières des villes entièrement calqués sur les conceptions urbanistiques chinoises.aikido

 

La ville chinoise se présentait sous la forme d’un carré, avec, en son centre, le palais impérial car, dans la Chine ancienne, tout s’articule autour de l’empereur, pivot symbolique et imaginaire entre le monde terrestre et le ciel, et qui, comme tel, bien plus que détenir un pouvoir, accomplit un mandat et remplit une fonction (lire Granet pour en savoir plus).aikido

 

Copier cette conception va permettre aux Japonais de structurer le pouvoir autour de la fonction impériale et de diminuer sa morcellisation entre les clans. Notons au passage cet extraordinaire exemple de progrès « civilisationnel » en dehors de toute évolution de type adaptative mais qui va de pair, notons le également, avec l’existence, au Japon, d’un nœud identitaire extrêmement puissant, et même irréductible. Et remarquons aussi que le japon a réalisé exactement la même opération de « ponction civilisationnel » au 19ème siècle lors de son ouverture contrainte à l’occident.aikido

 

C’est sous la dynastie chinoise des Tang 唐 (618 – 907) que les japonais commencent à copier les villes chinoises. La première capitale sera Fujiwara-kyô 藤原京 (694 – 710, 30 000 habitants), suivie de  Heijô-kyô 平城京 (710 – 784, environ 70 000 habitants ), l’actuelle Nara. Viendra ensuite Nagaoka-kyô 長岡京, de 784 à 793, suivie par Heian-kyô (l’actuelle Kyôto 京都). Cette dernière, « capitale de la paix et de la tranquillité » date de 794. Elle était parfaitement homologue à la ville chinoise de Chang’An (en Japonais Chôan 長安,« la longue tranquillité » (qui aujourd’hui se nomme Xian, l’Ouest tranquille). Voici les plans respectifs des villes chinoises et japonaises. On constate tout de suite que la structure de la ville japonaise et copiée sur celle de la ville chinoise.

 

Aikido Bruxelles / chang-an

 

Aikido Bruxelles / Heian-kyô

 

Les cités « interdites » insérées dans le périmètre urbain regroupent l’ensemble des bâtiments officiels et, en premier lieu, l’habitation des empereurs. Cette cité est nommée daidairi 大内裡 en japonais et le palais impérial lui-même, situé dans le daidairi, est appelé dairi 内裡.aikido

 

Les grandes avenues horizontales et verticales, les ôji 大路aikido

 

Les avenues horizontales délimitent des surfaces administratives qu’on appelle 条 (section, district). La 1e grande rue, ichijô-ôji 一条大路, est au Nord du daidairi. La 2e, nijô-ôji 二条大路, est au Sud. Et ainsi de suite jusqu’à 9. Par la suite sera rajouté le du Nord.

 

Aikido Bruxelles / jô

 

Avec les avenues verticales (3 de chaque côté de l’avenue centrale, plus les 2 en bord de ville), on délimite les 坊 (qu’on peut associer à l’idée arrondissement ou de commune) qui  sont numérotés de 1 à 4 à partir de l’avenue centrale, et ce, de chaque côté. On pouvait donc dire « j’habite le 2e du 3e de la capitale sakyô ».aikido

 

Aikido Bruxelles / bô

 

Les , arrondissementsaikido

 

Comme en Chine, les quadrangulaires sont entourés de murs de torchis (bôchô no kaki 坊町垣) et de caniveaux, fossés (hori 堀). Au milieu des 4 murs d’enceinte du , des portes (bômon 坊門) donnent accès à de petites avenues (koji 小路) qui les traversent de part en part et qui séparent à l’intérieur du 4 nouveaux blocs appelés « hô »(保), donc sorte de sous-arrondissements.

 

Aikido Bruxelles / Hô

 

Les, sous-arrondissements aikido

 

Chaque « hô »(保) est numérotés selon le côté où se trouve l’arrondissement par rapport à l’avenue centrale. On pouvait donc dire « j’habite le 4e du 2e du 3e de la capitale sakyô ».aikido

 

Aikido Bruxelles / Hô 1Aikido Bruxelles / Hô 2

 

Les chô, quartiers aikido

 

Cela devient fractal! En effet chaque sous-arrondissement, hô (保)  est encore découpé en 4. On obtient ainsi par bô 16 quartiers (chô 町) qui font environ 120x120m (cela peut varier selon la taille des avenues).

 

Aikido Bruxelles / Hô 3

 

Au niveau du repérage les choses, donc, se compliquent car on devait dire quelque chose du style « j’ habite le 10e chô du 4e du 2e du 3e de la capitale sakyô ». Au fil du temps, le ne va plus vraiment servir : en effet, être dans le « 14e chô du 3e du 2e », c’est comme dire « 14e chô du 2e » puisqu’il n’y a qu’un seul 14e dans le 2e chô.aikido

 


 

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